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mardi, 13 novembre 2007

Giraud, la preuve par XIII

8d05be18954eb374da932ec27652b071.jpg Avant l'opus final de la cèlèbre série de Van Hamme et Vance, Jean Giraud sort avec Van Hamme avec "La version Irlandaise", un 18e album qui revient sur la jeunesse de XIII, donnant du même coup quelques clés supplémentaires...


>> Jean, comment êtes-vous rentré sur le projet XIII ?
"C'est une initiative de mon éditeur qui un jour m'a dit "Et si..." J'ai trouvé l'idée intéressante, d'autant plus que le projet était cohérent : je trouve agréable que l'éditeur prenne des initiatives créatrices, comme par exemple proposer des "mariages" d'auteurs pour des albums un peu particuliers. Ca permet d'avoir un rapport avec eux qui ne se limite pas aux contrats... Et puis XIII est une série jeune, sexy et d'actualité : même si je ne suis plus un jeunot, c'est une belle preuve de confiance".

>> Pourquoi ? Vous vous sentez sur le déclin ?
"Vous savez, en vieillissant, les artistes se retrouvent confrontés à ce qu'il ont fait durant des années : quand on est jeune, on ne pense qu'à virer les vedettes et prendre leur place. Et puis un jour, on devient une vedette et là on se rend compte qu'on essaye de vous pousser dehors ! Alors on s'accroche, on s'intéresse aux nouvelles technologies, on essaye de rester jeune... XIII permet de toucher un autre public et de s'accrocher un peu plus !"

>> Quel regard aviez-vous sur la série ?
"Un regard "pro" et critique, comme la plupart des auteurs-compositeurs de l'école des Grands prix de la ville d'Angoulême, qui sont des auteurs complets. On regarde ces séries avec condescendance car elles sont composées de deux auteurs. Or en Belgique, la tradition est différente et pour les bonnes séries comme Lucky Lucke, XIII ou encore Astérix ce sont des binômes qui sont à l'origine, composés d'un bon scénariste et d'un bon dessinateur".

>> A-t-il changé depuis ?
"J'ai dû me plonger dans la série et je m'incline, saluant respectueusement le travail de Jean (Van Hamme) et de William (Vance). Le public d'ailleurs ne s'y trompe pas et sa sanction est sans appel si ça ne lui plait pas : il a du goût...".

>> Comment avez-vous travaillé sur la série ? Il a fallu vous adapter...
"Ca m'a facilité le travail mais ça me l'a également compliqué. J'ai ramé au départ pour avoir un dessin d'un bon niveau. Je ne pouvais pas faire du Moebius ou du Blueberry car le cahier des charges était important. Par exemple, il fallait que les deux personnages principaux se ressemblent et j'avoue qu'en pratiquement 60 ans de carrière j'ai toujours eu du mal à fixer les identités : souvent Blueberry n'a pas exactement la même tête selon les cases sauf son nez cassé ! Heureusement, il y a les codes couleurs et ils avaient les chevaux coupés différemment".

>> Un peu comme dans "Apaches", vous explorez le passé de vos personnages...
"C'est vrai que les album se ressemblent ! Ils donnent des réponses à ceux qui recherchent des clés, notamment sur l'origine de XIII. Cet album possède avant tout un scénario atypique pour un XIII mais d'une intensité rare... Un vrai plaisir à dessiner !"

Merci à Joel Philippon pour sa photo prise à Paris lors de l'entretien

Acheter XIII Tome 18 : La version irlandaise


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